La Marina de Port moselle / Noumea
veille canal 67
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(687) 26 27 27 / 26 28 28
C'est de ce coté que le vent m'a porté es arrivant de Polynésie, Les quelques contacts que j'ai eu avec eux ont été des plus agréables, l'acceuil et le sourire avant tout, et c'est très aprécié, surtout arrivant de Polynésie .
De toutes façons, c'est là que l'on peut faire son entrée lorsque l'on arrive de l'étranger, suivant les jours ou l'humeur, les autorités viendront visiter ou collecterons les papiers à la marina le quai des visiteurs gardent des places à cet effet
Elle est située en plein centre de Noumea, toute la ville est d'ailleurs en bordure de lagon, avec plusieurs anses bien protégées, celle ci étant la principale, et celle qui reçoit cargos et paquebots.
Il y a aussi une vedette de la SNSM (sauvetage en mer) qui me rappelle fortement celle sur laquelle j'embarquais à Antibes quand la sirène retentissait... SNS 102, c'est resté !
c'est sans doute la première marina que je vois offrir un service "annexe" autre que le propre séjour du bateau, Les prix étants raisonnables (90 euros) j'ai donc souscris : je peux y laisser mon annexe, prendre des douches, utiliser leurs bacs ordures... un mot qui disparaitra sans doute, à l'usage, si on décide vraiment de recycler!
cartes et bulletin météo sont aussi mis à jour et affichés à l'exterieur à la vue de tous!
Je suis sensible à cette bonne initiative, d'autant que la plupart du temps (toujours ?), si tu n'es pas dans la marina tu as une forte tendence à être un peu pestiféré .
Retrouvé également à port Moselle: ALIBI, qui à gardé son nom; mon ancien voilier :
LETTRE
A M. FÉLIX FAURE
Président de la République
Monsieur le Président,
Me permettez-vous, dans ma
gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait un
jour, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que
votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus
honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
Vous êtes sorti sain et sauf des basses
calomnies, vous avez conquis les cœurs. Vous apparaissez
rayonnant dans l'apothéose de cette fête patriotique que
l'alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez
à présider au solennel triomphe de notre Exposition
universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de
vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom
-- j'allais dire sur votre règne -- que cette abominable affaire
Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d'oser
acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à
toute justice. Et c'est fini, la France a sur la joue cette
souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence
qu'un tel crime social a pu être commis.
Puisqu'ils ont osé, j'oserai aussi, moi. La
vérité, je la dirai, car j'ai promis de la dire, si la justice,
régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière.
Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes
nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie
là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a
pas commis.
Et c'est à vous, monsieur le Président, que
je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte
d'honnête homme Pour votre honneur, je suis convaincu que vous
l'ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante
des vrais coupables, si ce n'est à vous, le premier magistrat du
pays ?
La vérité d'abord sur le procès et sur la
condamnation de Dreyfus.
Un homme néfaste a tout mené, a tout fait,
c'est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant. Il est
l'affaire Dreyfus tout entière, on ne la connaîtra que
lorsqu'une enquête loyale aura établi nettement ses actes et
ses responsabilités. Il apparaît comme l'esprit le plus fumeux,
le plus compliqué, hanté d'intrigues romanesques, se
complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers
volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits
déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des
preuves accablantes. C'est lui qui imagina de dicter le bordereau
à Dreyfus ; c'est lui qui rêva de l'étudier dans une
pièce entièrement revêtue de glaces ; c'est lui que le
commandant Forzinetti nous représente armé d'une lanterne
sourde, voulant se faire introduire près de l'accusé endormi,
pour projeter sur son visage un brusque flot de lumière et
surprendre ainsi son crime, dans l'émoi du réveil. Et je n'ai
pas à tout dire, qu'on cherche, on trouvera. Je déclare
simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d'instruire
l'affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l'ordre
des dates et des responsabilités, le premier coupable de
l'effroyable erreur judiciaire qui a été commise.
Le bordereau était depuis quelque temps
déjà entre les mains du colonel Sandherr, directeur du bureau
des renseignements, mort depuis de paralysie générale. Des
« fuites » avaient lieu, des papiers disparaissaient
comme il en disparaît aujourd'hui encore ; et l'auteur du
bordereau était recherché, lorsqu'un a priori se fit peu
à peu que cet auteur ne pouvait être qu'un officier de
l'état-major, et un officier d'artillerie : double erreur
manifeste, qui montre assez quel esprit superficiel on avait
étudié ce bordereau, car un examen raisonné démontre qu'il ne
pouvait s'agir que d'un officier de troupe. On cherchait donc
dans la maison, on examinait les écritures, c'était comme une
affaire de famille, un traître à surprendre dans les bureaux
mêmes, pour l'en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici
une histoire connue en partie, le commandant du Paty de Clam
entre en scène, dès qu'un premier soupçon tombe sur
Dreyfus : A partir de ce moment, c'est lui qui a invente
Dreyfus, l'affaire devient son affaire, il se fait fort de
confondre le traître, de l'amener à des aveux complets. Il y a
bien le ministre de la guerre, le général Mercier, dont
l'intelligence semble médiocre ; il y a bien le chef de
l'état-major, le général de Boisdeffre, qui parait avoir
cédé à sa passion cléricale, et le sous-chef de
l'état-major. le général Gonse, dont la conscience a pu
s'accommoder de beaucoup de choses. Mais, au fond, il n'y a
d'abord que le commandant du Paty de Clam, qui les mène tous,
qui les hypnotise, car il s'occupe aussi de spiritisme,
d'occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais
les expériences auxquelles il a soumis le malheureux Dreyfus,
les pièges dans lesquels il a voulu le faire tomber, les
enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une
démence torturante.
Ah ! cette première affaire, elle est un
cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le
commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, le met au secret. Il
court chez madame Dreyfus, la terrorise, lui dit que, si elle
parle, son mari est perdu. Pendant ce temps, le malheureux
s'arrachait la chair, hurlait son innocence. Et l'instruction a
été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième
siècle, au milieu du mystère, avec une complication
d'expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge
enfantine, ce bordereau imbécile, qui n'était pas seulement une
trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des
escroqueries, car les fameux secrets livrés se trouvaient
presque tous sans valeur. Si j'insiste, c'est que l'œuf est
ici, d'où va sortir plus tard le vrai crime, l'épouvantable
déni de justice dont la France est malade. Je voudrais faire
toucher du doigt comment l'erreur judiciaire a pu être possible,
comment elle est née des machinations du commandant du Paty de
Clam, comment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre
et Gonse ont pu s'y laisser prendre, engager peu à peu leur
responsabilité dans cette erreur, qu'ils ont cru devoir, plus
tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se
discute même pas. Au début, il n'y a donc de leur part que de
l'incurie et de l'inintelligence. Tout au plus, les sent-on
céder aux passions religieuses du milieu et aux préjugés de
l'esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.
Mais voici Dreyfus devant le conseil de guerre. Le huis clos le
plus absolu est exigé. Un traître aurait ouvert la frontière
à l'ennemi, pour conduire l'empereur allemand jusqu'à
Notre-Dame, qu'on ne prendrait pas des mesures de silence et de
mystère plus étroites. La nation est frappée de stupeur, on
chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui
indignent l'histoire, et naturellement la nation s'incline. Il
n'y a pas de châtiment assez sévère, elle applaudira à la
dégradation publique, elle voudra que le coupable reste sur son
rocher d'infamie dévoré par le remords. Est-ce donc vrai, les
choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre
l'Europe en flammes, qu'on a dû enterrer soigneusement derrière
ce huis clos ? Non ! il n'y a eu, derrière, que les
imaginations romanesques et démentes du commandant du Paty de
Clam. Tout cela n'a été fait que pour cacher le plus saugrenu
des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s'en assurer,
d'étudier attentivement l'acte d'accusation lu devant le conseil
de guerre.
Ah ! le néant de cet acte d'accusation ! Qu'un homme ait pu
être condamné sur cet acte, c'est un prodige d'iniquité. Je
défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur cœur
bondisse d'indignation et crie leur révolte, en pensant à
l'expiation démesurée, là-bas, à l'île du Diable. Dreyfus
sait plusieurs langues, crime ; on n'a trouvé chez lui
aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son
pays d'origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de
tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il
se trouble, crime. Et les naïvetés de rédaction, les formelles
assertions dans le vide ! On nous avait parlé de quatorze
chefs d'accusation : nous n'en trouvons qu'une seule en fin
de compte, celle du bordereau ; et nous apprenons même que
les experts n'étaient pas d'accord, qu'un d'eux, M. Gobert, a
été bousculé militairement, parce qu'il se permettait de ne
pas conclure dans le sens désiré. On parlait aussi de
vingt-trois officiers qui étaient venus accabler Dreyfus de
leurs témoignages. Nous ignorons encore leurs interrogatoires,
mais il est certain que tous ne l'avaient pas chargé ; et
il est à remarquer, en outre, que tous appartenaient aux bureaux
de la guerre. C'est un procès de famille, on est là entre soi,
et il faut s'en souvenir : l'état-major a voulu le procès,
l'a jugé, et il vient de le juger une seconde fois.
Donc, il ne restait que le bordereau, sur lequel les experts ne
s'étaient pas entendus. On raconte que, dans la chambre du
conseil, les juges allaient naturellement acquitter. Et, dès
lors, comme l'on comprend l'obstination désespérée avec
laquelle, pour justifier la condamnation, on affirme aujourd'hui
l'existence d'une pièce secrète, accablante, la pièce qu'on ne
peut montrer, qui légitime tout, devant laquelle nous devons
nous incliner, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je la
nie, cette pièce, je la nie de toute ma puissance ! Une
pièce ridicule, oui, peut-être la pièce où il est question de
petites femmes, et où il est parlé d'un certain D... qui
devient trop exigeant, quelque mari sans doute trouvant qu'on ne
lui payait pas sa femme assez cher. Mais une pièce intéressant
la défense nationale, qu'on, ne saurait produire sans que la
guerre fût déclarée demain, non, non ! C'est un
mensonge ; et cela est d'autant plus odieux et cynique
qu'ils mentent impunément sans qu'on puisse les en convaincre.
Ils ameutent la France, ils se cachent derrière sa légitime
émotion, ils ferment les bouches en troublant les cœurs, en
pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime
civique.
Voila donc, monsieur le Président, les faits qui expliquent
comment une erreur judiciaire a pu être commise ; et les
preuves morales, la situation de fortune de Dreyfus, l'absence de
motifs, son continuel cri d'innocence, achèvent de le montrer
comme une victime des extraordinaires imaginations du commandant
du Paty de Clam, du milieu clérical où il se trouvait, de la
chasse aux « sales juifs », qui déshonore notre
époque.
Et nous arrivons à l'affaire Esterhazy. Trois
ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées
profondément, s'inquiètent, cherchent, finissent par se
convaincre de l'innocence de Dreyfus.
Je ne ferai pas l'historique des doutes, puis de la conviction de
M. Scheurer-Kestner. Mais, pendant qu'il fouillait de son côté,
il se passait des faits graves à l'état-major même. Le colonel
Sandherr était mort et le lieutenant-colonel Picquart lui avait
succédé comme chef du bureau des renseignements. Et c'est à ce
titre, dans l'exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un
jour entre les mains une lettre-télégramme, adressée au
commandant Esterhazy, par un agent d'une puissance étrangère.
Son devoir strict était d'ouvrir une enquête. La certitude est
qu'il n'a jamais agi en dehors de la volonté de ses supérieurs.
Il soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques,
le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le
général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme
ministre de la guerre. Le fameux dossier Picquart, dont il a
été tant parlé, n'a jamais été que le dossier Billot,
j'entends le dossier fait par un subordonné pour son ministre,
le dossier qui doit exister encore au ministère de la guerre.
Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu'il
faut affirmer bien haut, c'est que le général Gonse était
convaincu de la culpabilité d'Esterhazy, c'est que le général
de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute
que le fameux bordereau fût de l'écriture d'Esterhazy.
L'enquête du lieutenant-colonel Picquart avait abouti à cette
constatation certaine. Mais l'émoi était grand, car la
condamnation d'Esterhazy entraînait inévitablement la révision
du procès Dreyfus ; et c'était ce que l'état-major ne
voulait à aucun prix.
Il dut y avoir là une minute psychologique
pleine d'angoisse. Remarquez que le général Billot n'était
compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la
vérité. Il n'osa pas, dans la terreur sans doute de l'opinion
publique, certainement aussi dans la crainte de livrer tout
l'état-major, le général de Boisdeffre, le général Gonse,
sans compter les sous-ordres. Puis, ce ne fut là qu'une minute
de combat entre sa conscience et ce qu'il croyait être
l'intérêt militaire. Quand cette minute fut passée, il était
déjà trop tard. Il s'était engagé, il était compromis. Et,
depuis lors, sa responsabilité n'a fait que grandir, il a pris
à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les
autres, il est plus coupable qu'eux, car il a été le maître de
faire justice, et il n'a rien fait. Comprenez-vous cela !
voici un an que le général Billot, que les généraux de
Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent, et ils ont
gardé pour eux cette effroyable chose. Et ces gens-là dorment,
et ils ont des femmes et des enfants qu'ils aiment !
Le colonel Picquart avait rempli son devoir
d'honnête homme. Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom
de la justice. Il les suppliait même, il leur disait combien
leurs délais étaient impolitiques devant le terrible orage qui
s'amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait
connue Ce fut, plus tard, le langage que M. Scheurer-Kestner tint
également au général Billot, l'adjurant par patriotisme de
prendre en main l'affaire, de ne pas la laisser s'aggraver, au
point de devenir un désastre public. Non ! le crime était
commis, l'état-major ne pouvait plus avouer son crime. Et le
lieutenant-colonel Picquart fut envoyé en mission, on l'éloigna
de plus loin en plus loin, jusqu'en Tunisie, ou l'on voulut même
un jour honorer sa bravoure, en le chargeant d'une mission qui
l'aurait fait sûrement massacrer, dans les parages où le
marquis de Morès a trouvé la mort. Il n'était pas en
disgrâce, le général Gonse entretenait avec lui une
correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu'il ne
fait pas bon d'avoir surpris.
A Paris, la vérité marchait, irrésistible,
et l'on sait de quelle façon l'orage attendu éclata. M. Mathieu
Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable
auteur du bordereau, au moment ou M. Scheurer-Kestner allait
déposer, entre les mains du garde des sceaux, une demande en
révision du procès. Et c'est ici que le commandant Esterhazy
parait. Des témoignages le montrent d'abord affolé, prêt au
suicide ou a la fuite. Puis, tout d'un coup, il paye d'audace, il
étonne Paris par la violence de son attitude. C'est que du
secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme
l'avertissant des menées de ses ennemis, une dame mystérieuse
s'était même dérangée de nuit pour lui remettre une pièce
volée à l'état-major qui devait le sauver. Et je ne puis
m'empêcher de retrouver là le lieutenant-colonel du Paty de
Clam, en reconnaissant les expédients de son imagination
fertile. Son œuvre, la culpabilité de Dreyfus, était en
péril, et il a voulu sûrement défendre son œuvre. La
révision du procès, mais c'était l'écroulement du
roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement
abominable a lieu à l'île du Diable ! C'est ce qu'il ne
pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le
lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel du Paty de
Clam, l'un le visage découvert, l'autre masqué. On les
retrouvera prochainement tous deux devant la justice civile. Au
fond, c'est toujours l'état-major qui se défend, qui ne veut
pas avouer son crime, dont l'abomination grandit d'heure en
heure.
On s'est demandé avec stupeur quels étaient
les protecteurs du commandant Esterhazy. C'est d'abord, dans
l'ombre, le lieutenant-colonel du Paty de Clam qui a tout
machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens
saugrenus. Puis, c'est le général de Boisdeffre, c'est le
général Gonse, c'est le général Billot lui-même, qui sont
bien obligés de faire acquitter le commandant, puisqu'ils ne
peuvent laisser reconnaître l'innocence de Dreyfus, sans que les
bureaux de la guerre croulent sous le mépris public. Et le beau
résultat de cette situation prodigieuse, c'est que l'honnête
homme là-dedans, le lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait
son devoir, va être la victime, celui qu'on bafouera et qu'on
punira. O justice, quelle affreuse désespérance serre le
cœur ! On va jusqu'à dire que c'est lui le faussaire,
qu'il a fabriqué la carte-télegramme pour perdre Esterhazy.
Mais, grand Dieu ! pourquoi ? dans quel but ?
Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est payé par les
juifs ? Le joli de l'histoire est qu'il était justement
antisémite. Oui ! nous assistons à ce spectacle infâme
des hommes perdus de dettes et de crimes dont on proclame
l'innocence, tandis qu'on frappe l'honneur même, un homme à la
vie sans tache ! Quand une société en est la, elle tombe
en décomposition.
Voila donc, monsieur le Président, l'affaire
Esterhazy : un coupable qu'il s'agissait d'innocenter.
Depuis bientôt deux mois, nous pouvons suivre heure par heure la
belle besogne. J'abrège, car ce n'est ici, en gros, que le
résumé de l'histoire dont les brûlantes pages seront un jour
écrites tout au long. Et nous avons donc vu le général de
Pellieux, puis le comandant Ravary, conduire une enquête
scélérate d'où les coquins sortent transfigurés et les
honnêtes gens salis. Puis, on a convoqué le conseil de guerre.
Comment a-t-on pu espérer qu'un conseil de
guerre déferait ce qu'un conseil de guerre avait fait ?
Je ne parle même pas du choix toujours
possible des juges. L'idée supérieure de discipline, qui est
dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur
pouvoir même d'équité ? Qui dit discipline dit
obéissance. Lorsque le ministère de la guerre, le grand chef, a
établi publiquement, aux acclamations de la représentation
nationale, l'autorité absolue de la chose jugée, vous voulez
qu'un conseil de guerre lui donne un formel démenti ?
Hiérarchiquement, cela est impossible. Le général Billot a
suggestionné les juges par sa déclaration, et ils ont jugé
comme ils doivent aller au feu, sans raisonner. L'opinion
préconçue qu'ils ont apportée sur leur siège est évidement
celle-ci : « Dreyfus a été condamné pour crime de
trahison par un conseil de guerre ; il est donc coupable et
nous, conseil de guerre, nous ne pouvons le déclarer
innocent ; or nous savons que reconnaître la culpabilité
d'Esterhazy ce serait proclamer l'innocence de Dreyfus. »
Rien ne pouvait les faire sortir de là.
Ils ont rendu une sentence inique qui à
jamais pèsera sur nos conseils de guerre, qui entachera
désormais de suspicion tous leurs arrêts. Le premier conseil de
guerre a pu être inintelligent, le second est forcément
criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême
avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et
supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs ne pouvaient
dire le contraire. On nous parle de l'honneur de l'armée, on
veut que nous l'aimions que nous la respections. Ah ! certes
oui, l'armée qui se lèverait à la première menace, qui
défendrait la terre française, elle est tout le peuple et nous
n'avons pour elle que tendresse et respect. Mais il ne s'agit pas
d'elle dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin
de justice. Il s'agit du sabre, le maître qu'on nous donnera
demain peut-être. Et baiser dévotement la poignée du sabre, le
dieu, non !
Je l'ai démontré d'autre part :
l'affaire Dreyfus était l'affaire des bureaux de la guerre, un
officier de l'état-major, dénoncé par ses camarades de l'état
major, condamné sous la pression des chefs de l'état-major.
Encore une fois, il ne peut revenir innocent, sans que tout
l'état-major soit coupable. Aussi les bureaux, par tous les
moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des
communications, par des influences, n'ont-ils couvert Esterhazy
que pour perdre une seconde fois Dreyfus. Ah ! quel coup de
balai le gouvernement républicain devrait donner dans cette
jésuitière, ainsi que les appelle le général Billot
lui-même ! Où est-il, le ministère vraiment fort et d'un
patriotisme sage, qui osera tout y refondre et tout y
renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une guerre
possible, tremblent d'angoisse en sachant dans quelles mains est
la défense nationale ! et quel nid de basses intrigues, de
commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où
se décide le sort de la patrie ! On s'épouvante devant le
jour terrible que vient d'y jeter l'affaire Dreyfus, ce sacrifice
humain d'un malheureux. d'un « sale juif » !
Ah ! tout ce qui s'est agité là de démence et de sottise,
des imaginatiens folles, des pratiques de basse police, des
mœurs d'inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de
quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui
rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le
prétexte menteur et sacrilège de la raison d'Etat.
Et c'est un crime encore que de s'être
appuyé sur la presse immonde, que de s'être laissé défendre
par toute la fripouille de Paris, de sorte que voilà la
fripouille qui triomphe insolemment dans la défaite du droit et
de la simple probité. C'est un crime d'avoir accusé de troubler
la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des
nations libres et justes, lorsqu'on ourdit soi-même l'impudent
complot d'imposer l'erreur, devant le monde entier. C'est un
crime d'égarer l'opinion, d'utiliser pour une besogne de mort
cette opinion qu'on a pervertie, jusqu'à la faire délirer.
C'est un crime d'empoisonner les petits et les humbles,
d'exaspérer les passions de réaction et d'intolérance, en
s'abritant derrière l'odieux antisémitisme, dont la grande
France libérale des droits de l'homme mourra, si elle n'en est
pas guérie. C'est un crime que d'exploiter le patriotisme pour
des œuvres de haine, et c'est un crime enfin que de faire du
sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au
travail pour l'œuvre prochaine de vérité et de justice.
Cette vérité, cette justice, que nous avons
si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi
souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me
doute de l'écroulement qui doit avoir lieu dans l`âme de M.
Scheurer-Kestner, et je crois bien qu'il finira par éprouver un
remords, celui de n'avoir pas agi révolutionnairement, le jour
de l'interpellation au Sénat, en lâchant tout le paquet, pour
tout jeter à bas. Il a été le grand honnête homme, l'homme de
sa vie loyale, il a cru que la vérité se suffisait à
elle-même, surtout lorsqu'elle lui apparaissait éclatante comme
le plein jour. A quoi bon tout bouleverser, puisque bientôt le
soleil allait luire? Et c'est de cette sérénité confiante dont
il est si cruellement puni. De même pour le lieutenant-colonel
Picquart, qui, par un sentiment de haute dignité, n'a pas voulu
publier les lettres du général Gonse. Ces scrupules l'honorent
d'autant plus, que, pendant qu'il restait respectueux de la
discipline, ses supérieurs le faisaient couvrir de boue,
instruisaient eux-mêmes son procès, de la façon la plus
inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux
braves gens, deux cœurs simples, qui ont laissé faire Dieu,
tandis que le diable agissait. Et l'on a même vu, pour le
lieutenant-colonel Picquart, cette chose ignoble : un
tribunal français, après avoir laissé le rapporteur charger
publiquement un témoin, l'accuser de toutes les fautes, a fait
le huis clos, lorsque ce témoin a été introduit pour
s'expliquer et se défendre. Je dis que cela est un crime de plus
et que ce crime soulèvera la conscience universelle.
Décidément, les tribunaux militaires se font une singulière
idée de la justice.
Telle est donc la simple vérité, monsieur le
Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre
présidence une souillure. Je me doute bien que vous n'avez aucun
pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de la
Constitution et de votre entourage. Vous n'en avez pas moins un
devoir d'homme, auquel vous songerez, et que vous remplirez. Ce
n'est pas, d'ailleurs, que je désespère le moins da monde du
triomphe. Je le répète avec une certitude plus
véhémente : la vérité est en marche, et rien ne
l'arrêtera. C'est d'aujourd'hui seulement que l'affaire
commence, puisque aujourd'hui seulement les positions sont
nettes : d'une part, les coupables qui ne veulent pas que la
lumière se fasse ; de l'autre, les justiciers qui donneront
leur vie pour qu'elle soit faite. Quand on enferme la vérité
sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle
d'explosion, que le jour où elle éclate, elle fait tout sauter
avec elle. On verra bien si l'on ne vient pas de préparer, pour
plus tard, le plus retentissant des désastres.
Mais cette lettre est longue, monsieur le
Président, et il est temps de conclure.
J'accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam
d'avoir été l'ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire, en
inconscient, je veux le croire, et d'avoir ensuite défendu son
œuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les
plus saugrenues et les plus coupables.
J'accuse le général Mercier de s'être rendu
complice, tout au moins par faiblesse d'esprit, d'une des plus
grandes iniquités du siècle.
J'accuse le général Billot d'avoir eu entre
les mains les preuves certaines de l'innocence de Dreyfus et de
les avoir étouffées, de s'être rendu coupable de ce crime de
lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et
pour sauver l'état-major compromis.
J'accuse le général de Boisdeffre et le
général Gonse de s'être rendus complices du même crime, l'un
sans doute par passion cléricale, l'autre peut-être par cet
esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l'arche sainte,
inattaquable.
J'accuse le général de Pellieux et le
commandant Ravary d'avoir fait une enquête scélérate,
j'entends par là une enquête de la plus monstrueuse
partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un
impérissable monument de naïve audace.
J'accuse les trois experts en écritures, les
sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d'avoir fait des rapports
mensongers et frauduleux, à moins qu'un examen médical ne les
déclare atteints d'une maladie de la vue et du jugement.
J'accuse les bureaux de la guerre d'avoir
mené dans la presse, particulièrement dans l'Eclair et
dans l'Echo de Paris, une campagne abominable, pour
égarer l'opinion et couvrir leur faute.
J'accuse enfin le premier conseil de guerre
d'avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce
restée secrète, et j'accuse le second conseil de guerre d'avoir
couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour
le crime juridique d'acquitter sciemment un coupable.
En portant ces accusations, je n'ignore pas
que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur
la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de
diffamation. Et c'est volontairement que je m'expose.
Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais
pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni
haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de
malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un
moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et
de la justice.
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière,
au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au
bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme.
Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête
ait lieu au grand jour !
J'attends.
Veuillez agréer, monsieur le Président,
l'assurance de mon profond respect.
ÉMILE ZOLA
"One Life Stand", l'album, ne sort que début février, mais One Life Stand, le clip, est d'ores et déja visible. De quoi se faire une idée sur les évolutions d'Hot Chip depuis Made in the Dark
Suite des Best Of musicaux chez Zoreil des Hauts et Liza. Beaucoup de neige chez Triton, et du risque chez Tenflo. Enfin quelques concerts chez Miss Sparrow, et le backstage chez Florent.
Vu la qualité picturale j'ai mis Helen Nehr à la une, le reportage continue sur La magie de Noël à Trevarez
http://helennehr.canalblog.com
Helen Nehr se présente dans un site dédié aux peintres et artistes du Finistère
Bonjour, tous
Voici quelques notes qui vont se suivre.
En effet, en octobre/novembre/décembre, j'ai du avoir une dizaine de concert environ. En général, je mets une vidéo de l'artiste, une chanson que j'aime et des résumés des concerts, en gros mon avis sur le concert pas du tout attrayant pour mes lecteurs parce qu'en général (hélas pour vous), j'aime tout ce que je vais voir. Y a qu'avec Muse, mon groupe préféré, que je vois les défauts, mais ça m'empêche pas d'y retourner !
20 octobre 2009 : Alexis HK
Les affranchis
21 octobre 2009 : Thomas Dutronc
Concert annulé et toujours un grand regret. Je sais, je sais, je l'avais déjà vu quatre fois, entre concert et festival, mais tout ça en 2008. Je l'aurais retrouvé avec un très grand plaisir mais il n'a pas voulu de nous.
07 novembre : Hommage aux Pink Floyd
14 novembre 2009 : Bénabar
22 novembre 2009 : Muse
27 novembre 2009 : -M-
Je dis M
29 novembre 2009 : Calogero
2 décembre 2009 : Alain Souchon
4 décembre 2009 : Gad Elmaleh
(obligée d'en parler !)
5 décembre 2009 : Pep's
12 décembre 2009 : Emmanuel Moire
Concert annulé (grosse haine)
Donc, pas mal de notes en perspective, je vais chercher des chansons :D Si je poste pas ce soir, ça sera demain ou ce week-end. Je suis en vacances demain midi :)) J'aurais le temps de bloguer (lol)
Non, ne vous énervez pas, c'est un nouveau poisson, dans le nouveau chalet de Dinette, qui est arrivé... un COMBATTANT. Malgré sa lourde lignée de poisson de guerre, le petit chat se fout complètement que le petit poisson soit un combattant ou pas, le chalet c'est bien trop rigolo et même après le psychodrame familial, (oh làlàlà, il n'y a pas de notice), le chalet s'est monté très facilement, et Jackson le détruit tout aussi aisément!
Ensuite, ce n'est pas tout, car à chaque animal, le prénom. Les délires japonais de sushi et maki pour les deux poissons rouges font toujours rire les gens même après ces quelques années. Le dernier arrivé, le chat, Jackson est bien noir et n'a plus ses coucougnettes depuis aujourd'hui et là il dort (ENFIN!). Donc la Combattante, cer j'ai décidé que c'était une fille... (les poissons n'ont pas de sexe?) elle s'appelle... Janet!
A ne pas s'y tromper nous ne sommes absolument pas fan de la famille de notre cher et tendre Michael Jackson, et nous avons pour ainsi dire même pas un album de ce monsieur (oohhhhh) mais on en a un de Johnny!!!! (rires)
Pour ne pas oublier Janet c'est quand même ça:
mais c'est surtout ça, et c'est de la musique et je suis contente que la combattante est le prénom de cette chanteuse
mais bon ok, pour faire plaisir à tout le monde, Jackson m'accompagne et vous dédicace ce soir...
昨日、車修理完了の連絡を受けて、今朝引き取りに。
冷却水の量をみるセンサーの不具合?のよう。交換で1万円。
この8倍の金額と、来週くらいになるかな、と予想して思っていたから。
よかったよー、なんとか。さて。冬タイヤに履き替えよう。