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ADN : ’acide désoxyribonucléique (souvent abrégé en ADN) est une molécule que l'on retrouve dans toutes les cellules vivantes. On dit que l'ADN est le support de l'hérédité ou de l'information génétique, car il constitue le génome des êtres vivants et se transmet en totalité ou en partie lors des processus de reproduction. L'ADN détermine la synthèse des protéines.
Dans les cellules eucaryotes, l'ADN est contenu dans le noyau et une petite partie dans la matrice des mitochondries ainsi que dans les chloroplastes. Dans les cellules procaryotes l'ADN est contenu dans le cytoplasme. Certains virus possèdent également de l'ADN dans leur capside.
Source : WIKIPEDIA
Dans le cadre du projet de loi HORTEFEUX, l’amendement
Mariani, du nom du député qui l’a proposé, jette la suspicion sur les immigrés qui, dans le cadre du regroupement
familial, souhaitent faire venir leur proches. Ils devront pour cela se soumettre avec leurs enfants à un test ADN
afin de prouver leur filiation.
A l’initiative de Libération et de Charlie-Hebdo, un meeting-concert a été mis en place au Zénith, à Paris, afin de protester contre l’amendement Mariani et obtenir son retrait.
Plus de 6000 personnes ont répondu à cet appel. Faute de
place, tous, malheureusement, n’ont pas pu entrer dans le Zénith ce dimanche 14
octobre.
Dans l’enceinte de la salle, se pressait une foule bigarrée, de tout horizon, toute couche
sociale et de tout âge, venue faire entendre une voix discordante dans la
majorité des citoyens qui à 70% approuve le projet de loi.
Dans la fosse, beaucoup de jeunes tenaient des grandes mains
de Touche pas à mon pote, emblème mythique de SOS Racisme, détournés pour l’occasion
en Touche pas à mon ADN. De-ci, de-là émergeaient des pancartes plus sobres de
Ni pute, Ni soumise, Ni ADN.
Sur les écrans, de chaque côté de la scène des caricatures naissaient
sous les crayons des dessinateurs de Charlie-Hebdo avec CABU à leurs tête.
Serge MOATI a ouvert le meeting pour rappeler les raisons de ce rassemblement.
BHL, Philippe VAL directeur de Charlie Hebdo, Laurent
JOFFRIN directeur de la publication de
Libération et Dominique SOPO dirigeant de SOS racisme, sont les premiers
à prendre la parole.
Tous rappellent avec leurs mots une même idée, cet amendement ouvre une voie dangereuse et fait une distinction entre Français et étrangers qui va à l’encontre des droits de l’homme.
Laurent JOFFRIN s’est opposé à l’amendement en affirmant que « la science ne doit pas servir à trier les hommes, les femmes et les enfants, pas plus qu'elle ne doit contribuer à organiser une discrimination. »
Philippe VAL se réjouit de ce 1er meeting anti-Sarkosy et salue la
présence dans la salle et sur la tribune d’hommes de droites qui au-delà du clivage ont tenu à être présents contre cet amendement. « A la droite décomplexée, nous opposons la république sans gène ! »
Dominique SOPO a accusé l’amendement d’avoir « des relents
xénophobes dans ces contrôles génétiques»
BHL a exalté la foule par un discours émouvant qui alerté du
danger vers lequel cet amendement nous mène. Il a exhorté le gouvernement à se
souvenir que la science et la politique en d’autres temps ont commis des
atrocités et qu’il n’est jamais bon de vouloir marier les deux.
Prenant exemple de l’affaire Montand, BHL a
fait annoncé que « Ceux qui ont voulu cet amendement infâme sont des apprentis
sorciers en train d'ouvrir les brèches d'une gravité extrême. La France a ceci
de grand que la filiation n'a rien à voir avec le sang. Si cette loi passe, on
fera ainsi de manière insidieuse une distinction entre enfants naturels et
enfants adoptés. Si cette loi passe, je vous fais le pari qu'on aura droit à
une épidémie de cadavres déterrés et il flottera autour de cette affaire un
parfum de profanation »
Puis de nombreux écrivains, hommes et femmes politiques, chanteurs, acteurs sont monté sur la scène en geste de soutien avant de laisser la place à une Isabelle ADJANI très solennelle.
D’une voix tendue par l’émotion l’actrice a fait vibrer
la salle : « Quelque soit nos origines ou nos gènes, nous les Français
nous sommes là pour entrer en résistance car cet amendement et ces fameux tests
ADN jettent le soupçon sur les étrangers. Car c'est un test qui va à l'encontre
de ce qui fonde la filiation dans notre République : une déclaration d'Amour
! »
Josiane BALASKO a stigmatisé l’excuse du gouvernement selon lequel cette loi est effective dans certains pays. Ce n’est pas un exemple à suivre tout comme nous ne suivons pas ceux qui commettent la lapidation. Avant de lire, avec Julie GAYET, un article de Charlie-Hebdo.
Laurent FABIUS a souligné à la fois la génétisation de la
société et la « stigmatisation croissante de l’immigration »
« Je me souviens que j'ai entendu il y a quelques mois un discours sur la prédétermination génétique pour le suicide et la pédophilie tenu par le ministre de l'Intérieur de l'époque, mais aujourd'hui il a eu de la promotion...
Je me souviens aussi d'une volonté d'instaurer un
"dépistage" de la violence chez les enfants de 3 ans... On a
également incité les Préfets de régions à faire du chiffre en matière
d'expulsion d'immigrés clandestins. Tout ceci, et cet amendement ADN en est une
nouvelle preuve, est selon moi un clin d’œil électoraliste et scandaleux à
l'extrême droite ! »
François Hollande, a quant à lui appelé au combat contre cet
amendement, "tant qu'il ne sera pas victorieux, nous serons toujours
mobilisés".
Il conclut par une phrase à la sauce politicienne « "Si nous revenons aux responsabilités, nous supprimerons, si cela n'a pas été fait, les tests ADN en matière d'immigration »
François BAYROU, Mo-Dem, a précisé un point important des
conséquences de cet amendement en s’interrogeant sur sa modification profonde
mais sa conservation à tout prix.
« Si le texte a été réduit et a été édulcoré et s'il ne s'adresse plus qu'a
certains cas, on nous parle de quelques centaines, alors pourquoi le maintenir? Je vais vous répondre moi: si ce texte est maintenu de façon
symbolique, c'est afin de laisser la porte ouverte à un avenir où la génétique sera là pour prouver toutes les filiations ! Si on lit un peu ce texte entre les lignes, on se rend compte que, pour eux, tous les immigrés sont des frondeurs et surtout qu'ils n'ont pas la même vision que nous de la notion de famille. »François GOULARD, député UMP, a été très applaudi et même ovationné pour son courage à s’opposer à la majorité à laquelle il appartient.
"Ce soir, je ne serai pas d'accord avec tout ce que se dira derrière ce pupitre. Mais je suis quand même venu car je ne peux pas admettre qu'on ne respecte pas les droits fondamentaux de notre République. C'est une question de principe. Je soutiens le gouvernement, mais cet amendement, je ne le voterai jamais. Il y a des choses qui nous dépassent, qui appartiennent à tous les Français, à tous les hommes et femmes de cette planète : ça s’appelle les droits de l’homme. Nous sommes tous réunis ici ce soir pour défendre les droits de l'Homme et rien ne pourra nous faire y renoncer. »
Bertrand DELANOË a quant à lui rapproché l’amendement avec l’esprit du discours de Dakar et le nom particulièrement honteux d’un ministère qui réunit le mot immigration et identité nationale. « Cet amendement doit disparaître car il est une tache inacceptable pour notre démocratie et pour ce pays initiateur des droits de l'Homme et du citoyen. »
Jack RALITE député PC et ancien maire d’Aubervilliers
a mis en garde contre l’utilisation de l’ADN en
matière d’immigration « Il faut éviter le silence des
pantoufles pour ne pas avoir le bruit des bottes. »
Michel PICCOLI, très en forme, a appelé « Au secours ! Monsieur…le président de la République
» dans un discours haut en couleurs :
« Devons-nous perdre tout
espoir en la Justice
l’Humanité ? » Finissant sur une note d’humour noir
« Sarkosy notre nouveau Dieu ? »
Axel KHAN a défendu l’image de la France et appelé ceux qui
doivent voter à ne pas salir cette image. « Cet amendement immoral est
indigne de la France, indigne de vous, indigne de nous »
Philippe LEOTARD a protesté vivement dans un discours d’ouverture contre « la dérive de la génétique, qui appliquée à la recherche médicale ou l’investigation criminelle ce qui est parfaitement légitime, va faire passer les étrangers en France ou ceux qui veulent venir soit comme des malades soit comme des criminels.
Et cela, nous ne pouvons pas l’accepter. La France n’est pas ce pays là. C’est vrai, Madame AMARA, c’est vrai que c’est dégueulasse. C’est vrai que c’est dégueulasse et il faut demander aux ministres d’ouverture d’en tirer des conclusions. Ce n’est pas un détail. Mais si vous regardez ce qui s’est passé depuis quelques mois, c’est un morceau d’un puzzle dans lequel vous avez le chiffre d’affaires demandé à la Police française pour arrêter un certain nombre de gens, vous avez les convocations des préfets qui n’ont pas fait assez de chiffres y compris dans les département où il n’y pas d’étrangers, vous avez un ministère de l’Identité Nationale dont personne aujourd’hui ne peut donner la définition, vous avez le discours de Dakar dans lequel on dit aux Africains « vous n’êtes pas en mesure de rentrer dans l’Histoire parce que c’est votre faute », vous avez la pression sur les enfants et vous avez , le pire, cette déclaration du Président consistante à dire que la France est innocente dans l’affaire de la solution finale, comme si on ne se souvenait pas que les gendarmes étaient sur les quais des gares, les gendarmes français et que les français à ce moment là ont contribué à cet infamie.
Clémentine AUTAIN (PC) enceinte de plusieurs mois a tenu à être présente pour dénoncer les limitations au regroupement familial qu’est l’amendement Mariani qui ne font que produire plus d’immigration clandestine sans résoudre ce problème.
S’exprimant de même sur son
blog, elle ajoute que ce type de « loi stigmatise des populations
et flatte l’idée qu’il y aurait trop d’immigrés en
France. Réussir à faire céder le Parlement et le gouvernement sur
l’amendement Mariani est une étape indispensable car nous touchons là à nos
valeurs républicaines fondamentales. Cette victoire à notre portée ne suffira
pas. Gardons des armes pour combattre la logique politique à l’oeuvre dans les
discours et dans les actes d’une droite haineuse. »
De nombreuses autres personnalités politiques se sont
succédés sur la scène du Zénith, Said SADI, principal leader de l'opposition en Algérie venu de l'autre côté de la mer soutenir le mouvement, Raphaël HADDAD, président de UEJF, Sansévérino, la député George Pau-LANGEVIN qui la première s'était opposé à l'amendement, Aurélie FILIPPETTI, Marelle de Sarnez, Amélie NOTHOMB...
Les discours ont été ponctués par des chanteurs aussi disparates que la foule.
L’ivoirien Tiken JAH FAKOLY a mis la foule en délire avec deux magnifiques chansons
« Plus rien ne m’étonnes » et « Ouvrez les frontières »
Stomy BUGSY a incité la foule à des actions de haine
plutôt qu’à la protestation constructive avec une
« chanson » vulgaire et bruyante. Des gestes très suggestifs
et force insultes renforçaient les paroles ordurières pour ceux qui n’en auraient pas compris le
sens…Malheureusement, beaucoup de jeunes semblaient séduits par ces propos radicaux...
Renaud plutôt éteint n’a
pas obtenu un franc succès, Serge MOATI s’est vu obligé de solliciter les
applaudissements de la foule à la fin d’une chanson à peine audible.
Suivi de Carla Bruni avec « le Monde est une drôle de personne » puis du comique Philippe Darwin qui a bien déridé la salle.
Le très attendu Bénabar
a conclu la soirée et emporté un franc succès avec sa chanson parodique, sur le
mode de certains manuels très en vogue actuellement, « Le racisme pour les nuls ». Petit guide très pratique
« qui ne réclame aucun effort, aucune culture ». Et dans la même
collection « la xénophobie pour les crétins » et « l’intolérance
pour les cons »…
Pour terminer cette note, voici la position du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé le 4 octobre dernier :
« cette inscription dans la loi d’une identification biologique réservée aux seuls étrangers, quelles qu’en soient les modalités, introduit de fait une dimension symbolique dans la représentation d’une hiérarchie entre diverses filiations, faisant primer en dernier lieu la filiation génétique vis-à-vis du père ou vis-à-vis de la mère comme étant un facteur prédominant, ce qui est en contradiction avec l’esprit de la loi française. De nombreuses familles françaises témoignent de la relativité de ce critère : familles recomposées après divorce, enfant adopté, enfant né d’accouchement dans le secret, sans parler de toutes les dissociations que peuvent créer les techniques actuelles d’assistance médicale à la procréation...
D’une manière générale le CCNE attire l’attention sur la dimension profondément symbolique dans la société de toute mesure qui demande à la vérité biologique d’être l’ultime arbitre dans des questions qui touchent à l’identité sociale et culturelle. Elle conduirait furtivement à généraliser de telles identifications génétiques, qui pourraient se révéler à terme attentatoires aux libertés individuelles. Elle risquerait d’inscrire dans l’univers culturel et social la banalisation de l’identification génétique avec ses risques afférents de discrimination ».